Collectif Faubourg132




Le Jardin de Chlorophylle invite le collectif Faubourg 132 à accompagner la création d’outils pédagogiques pour son public familial et petite enfance.
Il s’agira de sensibiliser les enfants à l’environnement, plus particulièrement au milieu humide, sa faune et sa flore, en créant une installation interactive et ludique autour de la mare du jardin.
Au fil d’ateliers de conception participatifs tous les mercredi matin, jusqu’à mi-novembre, nous imaginerons avec les familles adhérentes du jardin une ou plusieurs installations. Au printemps 2019, nous construirons et implanterons une de ces installations.

Ce projet est à l’initiative du Jardin de Chlorophylle. Né de la requalification d’une friche urbaine roubaisienne, le Jardin de Chlorophylle est un véritable site éco-pédagogique, où de multiples ateliers d’éducation à l’environnement sont proposés. Il est composé de divers milieux naturels régionaux : mare, bosquet, prairie fleurie, potagers écologiques, verger…

Avec : l’association Angle 349, l’ARAMA – Association Roubaisienne des Assistantes Maternelles Agréées et le centre social ECHO.

Partenaires financiers :
> Agence de l’eau dans le cadre de la rénovation de la mare.
> Contrat de ville, projet petite enfance : ville de Roubaix, région Hauts de France et État Français.

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Atelier 1 – mercredi 3 octobre 2018

Rencontre et présentations

Avec : Wissam, Karima, Hamel, Nesa, Sophiana, Zerfa, Catherine, Najiba, Christophe, Nicolas, Léa et Chloé.

Au programme : Visite instructive de la mare avec Nicolas Petit, animateur environnement du jardin, puis retour à l’intérieur pour poser sur le papier toutes les idées qui ont fusé au fil de la discussion.

L’équipée devant la mare, actuellement vidée de son eau pour rénovation. Nicolas nous explique les particularités de cette zone humide.

En vrac, les points abordés :

> Thématiques : flore et faune protégées (tritons, grenouilles), cycle de vie, cycle de l’eau, observation, 5 sens, motricité,

> Des idées folles : un périscope mais pour observer sous l’eau, une cascade, fontaine, un parcours pour se mettre dans la peau d’un animal, reproduire le bruit des animaux, des amplificateurs de son, les fourmis qui sont toutes petites mais qui déplacent de gros trucs, voir comme une libellule, etc.

  


Un détour par le parc Mallet-Stevens à Croix nous a permis de découvrir ses installations jouant avec leur milieu naturel.


Atelier 2 – mercredi 10 octobre

Avec : Sophiana, Catherine, Najiba, Nicolas, Léa et Jason.

Au programme : on précise les choses, on définit les grands thèmes qu’on veut aborder via les outils pédagogiques que nous allons créer et on commence à émettre des idées en lien.

Nous définissons les caractéristiques principales des outils :
> destinée pédagogique primordiale
> un fil conducteur, une histoire racontée par le biais des différents outils : un parcours dans le jardin.
> des outils fixes qui ponctuent le jardin
> destinée signalétique des outils : ponctuation de l’environnement


Nous choisissons d’aborder exclusivement la biodiversité, dont les thèmes suivants:
> reconnaître des oiseaux
> à la découverte du mondes des insectes
> la vie des abeilles
> la mare et ses habitants

On imagine comment aller à la découverte des animaux :
> éprouver le cycle de vie de l’animal
> reconnaître la formes des animaux, quels animaux vivent dans la mare ?
> savoir ce que font les animaux, comment se passe leur journée par exemple ?
> le déplacement des animaux

L’idée d’imaginer des outils pédagogiques appelant la motricité naît, avec elle l’envie de faire appel aux cinq sens.
> La vue
L’environnement de la mare, précisément l’eau est un élément surprenant lorsqu’il est regardé de près. Nous pensons donc à un outil qui permettrait de regarder l’eau, ce qui s’y passe, quel animal y vit, etc.

> Le toucher
On imagine des boîtes dans lesquels des éléments naturels sont à toucher avec les pieds ou avec les mains. Pourquoi pas des « textures d’animaux » (plumage, écailles, poils, etc.).

> L’ouïe
On imagine un « outil pour écouter et entendre » la faune et la flore, pour écouter les abeilles par exemple. Nous pensons à un amplificateur de sons.
> L’odorat
On pense à un « outil pour sentir » qui serait placé à différents endroits au-dessus de végétations.


> Le goût
On aborde la possibilité que le jardin propose un atelier cuisine proposant des recettes avec les plantes sentis grâce aux « outils à sentir ». Il s’agira d’aborder la notion du goût par le biais d’une animation et non d’un outil.

Pour les prochaines séances, choses à définir ou à partager :
> références d’outils faisant appel aux sens
> les participants peuvent amener des choses qu’ils ont fabriqué pour les enfants (parcours sensoriel textures, bâtons de pluie, etc.).
> l’histoire que l’on veut raconter : la journée d’un animal, le cycle de vie d’un animal, la chaîne alimentaire du triton, etc.
> définir la façon de raconter cette histoire : les outils, et la médiation (comment on invite à suivre ce parcours : un plan du jardin et des points d’intérêts, les dessins décrivant l’histoire racontée, etc.).
> les endroits que nous souhaitons ponctuer (relatifs à l’histoire que nous raconterons).


Atelier 3 – mercredi 17 octobre

Avec Catherine, Najiba, Chloé et Léa.

Objectif : éclaircir, élaguer, cibler des thématiques

Nous commençons la séance en découvrant les outils pédagogiques inventés et réalisés par Najiba et l’association ARAMA. Cela nous permet de faire un point sur les manipulations, textures, sons et explorations intéressants pour les enfants de 2 à 6 ans.

Puis nous reprenons notre réflexion à partir des bases de la séance précédente :
Thématique : animale
Partir sur la vie ou la journée d’un animal.
pistes de départ : abeille, triton et grenouille.

Nicolas du jardin nous donne beaucoup d’informations complémentaires sur les abeilles (voir photo post-it).

Il nous renvoie également vers une nouvelle piste : la libellule, qui relie à la mare, point central du projet.

La libellule : se développe et vit dans l’eau de la mare la majeure partie de sa vie. Les œufs sont pondus aux abords, sur ou dans l’eau, selon les espèces. La larve de libellule vit dans l’eau, elle est carnivore (têtards, autres larves, etc.). Elle possède une mâchoire inférieure, appelée masque, qui a la capacité de se projeter sur sa proie.
Elle mue à plusieurs reprises, puis se transforme en nymphe, qui sort de l’eau, avant de renaître en libellule ailée. Cette dernière métamorphose ne lui est utile que pour la reproduction.

Approche : les 5 sens
– l’odorat : sentir une fleur, la mare, une feuille odorante, …
– la vue : observer, regarder sous l’eau (aquascope ici), voir comme une libellule (facettes), ou regarder à travers une installation indiquant un point de vue précis,
– l’ouïe : écouter la ruche (système avec stéthoscope), écouter les bruits sous l’eau,
– le toucher : toucher des textures, reproduites ou par l’objet lui-même,
– le goût : en ateliers ponctuels, réaliser un support (signalétique?) à ces ateliers ?

Autres points abordés :
– idées de créer une carte, un support visuel et pédagogique qui viendrait accompagner la compréhension des installations.
– réaliser un parcours. Chronologique ? Doit-il être suivi dans un ordre donné ou exploré librement ?
– ne pas oublier : la mare c’est de la vie dans l’eau, sur l’eau, aux abords proches et plus éloignés > une installation par zone ?

 

Atelier 4 – mardi 23 octobre

/!\ les ateliers se déroulent désormais les mardi, de 9h30 à 11h30, toujours dans les locaux du jardin de Chlorophylle.

Nous commençons par visionner les références et images de la libellule, son cycle de vie et ses particularités, informations données par Nicolas la semaine précédente.
Puis nous regardons des références et exemples de dispositifs artistiques utilisant les cinq sens.

Cela nous permet d’avoir de nouvelles idées de dispositifs :

Pour organiser nos pensées, on note sur des post-it :

Cycle de vie libellule :
– Accouplement – ponte – œuf – éclosion – larve – mues successives – sortie de l’eau – nymphe – éclosion en insecte ailé >

Lieux associés :
– Air – végétation aux abords de la mare ou sur l’eau – dans l’eau – végétation aux abords de la mare >

Actions liées aux 5 sens :
(On évacue certains sens moins appropriés à la libellule ou pour dispositifs fixes et qui pourraient plutôt être exploité en ateliers ponctuels avec les enfants. on élimine le goût et l’odorat.)
Il nous reste
– la vue : observer, regarder, espionner, flouter, agrandir,
– le toucher : tâter, tâtonner, gratter, caresser, effleurer, taper, plonger
– l’ouïe : écouter, entendre, tendre l’oreille, amplifier, faire du bruit, imiter un animal,
– et, en dehors des sens mais important MOTRICITE, MANIPULATION : tourner, visser, déplacer, serrer, peigner, pousser, etc.

On place les post-it selon le schéma du cycle de vie de la libellule avec les actions et lieux associés.

2 pistes se dégagent :
– piste pédagogique (scénarisée, histoire racontée ou à raconter, remettre mes choses dans l’ordre par ex)
– piste sensorielle > retenue

En fin de séance, recadrage du projet sur le public petite enfance :
> attention aux choses qui pourraient leur faire peur
> pas de choses trop abstraites ???
> axer sur le toucher, la manipulation, la motricité
> faire un dispositif à différents niveaux de lecture (pas trop compliqué pour les tous petits, mais avec infos nécessaires pour les plus grands)
> affordance du dispositif, dont l’utilisation est directement comprise.


Atelier 4 – mardi 30 octobre

On continue la conception des outils pédagogiques.

> On profite de la présence des enfants pour voir leur réaction face à quelque chose dans lequel regarder.

Les tout petits n’ont pas le réflexe de regarder dans quelque chose, il faut qu’on leur montre pour qu’ils imitent. En revanche le premier réflexe est de toucher, de faire du bruit avec.

> L’histoire abordée – La vie de la libellule
Aborder le cycle de vie de la libellule, avec ses métamorphose successives.
1 – Ponte / OEUFS (abords de la marre, végétation ou sur l’eau) → TACTILE ou MANIPULATION d’oeufs ?
2 – LARVES, différentes mues (dans l’eau) → OBSERVATION
3 – métamorphose, NYMPHE (abords de l’eau) → MANIPULATION ou IMMERSION
4 – Séchage et gonflage ailes et vol (abords et air) → MANIPULATION, BRUIT, gonfler, souffler

> Implantation des outils


On choisit de ne pas disposer les outils tout autour de la mare. Ne pas occuper tout le tour de la mare pour parler d’un seul animal (la libellule).
On définit une zone d’implantation : l’observatoire qui dispose d’une terrasse en bois.

Réflexion autour du principe des outils.
Un outil pour parler de l’ensemble des étapes de la vie de la libellule.

1 outil pour chaque étape que l’on souhaite expliquer.

 

> On commence à préciser les manipulations et les outils selon les stades de vie de la libellule dont nous voulons parler.
1 – Ponte / OEUFS

3 – métamorphose, NYMPHE

4 – Séchage et gonflage aile


Atelier 5 – mardi 6 novembre

Séance de définition formelle et maquettes.

Décisions prises sur la direction formelle du projet :
> L’outil pédagogique sera constitué de trois dispositifs différents et complémentaires.
> Chaque dispositif reprend une étape, un évènement marquant du cycle de vie de la libellule. On a retenu : 1. la ponte, les oeufs / 2. la vie aquatique, larve, mues, nymphe / 3. la sortie de l’eau, le séchage des ailes, la vie aérienne.
> à chaque dispositif est associé une manipulation et/ou un sens.
> les dispositifs seront installés aux abords de la mare, dans une même zone (et non le long d’un parcours autour de la mare comme abordé précédemment)

1- Oeufs
On a imaginé un jeu de manipulation de balles/billes dans un tableau/plateau vertical ou incliné, illustré. L’enfant pourrait placer les balles à différents endroits (surface de l’eau, végétaux, tiges) et la balle suivrait un parcours (sur des rails, une gouttière ou grâce à des guides) pour arriver jusqu’à une représentation de l’eau de la mare.
Questions :
– inclinaison du plateau ?
– la balle suit un parcours prédéterminé ou hasard ?
– comment rendre le parcours de la balle visible ?
– possibilité de diriger la balle ?

2- Mues
La libellule au stade larvaire mue successivement de 8 à 12 fois. Ces mues se font dans le milieu aquatique, sauf la dernière qui s’effectue hors de l’eau, au passage de la nymphe à l’insecte ailé. Le dispositif associé sera représenté par un objet à manipuler, à effeuiller. Différentes couches de textile, papier, et autres matériaux seront superposées et chacune offriront des textures nouvelles à découvrir.
– prendre en compte le milieu aquatique (une première « mue » réfléchissante comme la surface de l’eau ?)
– échelle du dispositif ? (l’enfant pourrait-il ramper en dessous ou rentrer dedans ?)
– chercher des idées de matières / matériaux / textures (latex, papier ciré, textile, bâche, tissages ou tuilage de matériaux naturels, …)
– chercher des idées de transformations (gaufrage, thermoformage, perforations, moulage, matelassée, gravure, fraisage, impression 3D, …)
– Attention aux couleurs pour l’aspect final de l’ensemble.

3- Séchage des ailes : maquette testée cette séance.
En sortant de sa dernière mue de nymphe, la libellule est enfin ailée, prête pour sa vie aérienne et pour la reproduction.
Les premiers instants de sa vie hors de l’eau sont très délicats pour la survie de la libellule. En effet, fraichement sortie de sa mue, elle n’est pas encore capable de voler, elle doit d’abord se sécher et « gonfler » ses ailes.
C’est cette étape de gonflage à laquelle fera allusion le troisième dispositif.
Pour cela, on a pensé à une aile (un manchon ?) qui pourrait être gonflé par la manipulation d’un objet souffleur (hélice, ventilateur, soufflet, …)
Questions :
– gonfler une ou plusieurs ailes ? Représenter les 4 ailes indépendantes ? Faire 2 ensembles de 2 ailes ?
– trouver un moyen de souffler assez puissant. —> ventilateur de forge ?
– gonfler l’aile entière ou des « boudins-nervures » dans l’aile ?